Bien rédiger la rubrique Expériences professionnelles dans son CV

La rubrique Expériences professionnelles est une des plus regardées dans les CVs, souvent celle qui incite les recruteurs à retenir votre candidature et à avoir envie de vous rencontrer.

C’est le véritable cœur du curriculum vitae, dont l’importance grandit avec le nombre d’années d’emploi. Sa rédaction doit faire l’objet de soins particuliers. Du reste, au fur et à mesure de votre évolution professionnelle, vous aurez à arbitrer sur ce qu’il faut inclure dans cette rubrique et comment.

C’est souvent grâce à cette rubrique que les recruteurs vont évaluer l’adéquation entre les compétences d’un candidat et celles recherchés pour les postes proposés, et s’assurer que les candidats disposent bien des qualifications suffisantes pour répondre aux exigences des poste en jeu. La présentation de cette rubrique n'est donc pas à négliger. Pensez à y créer de l’impact, en sachant que les recruteurs vont y consacrer moins d’une minute en moyenne.

 Personnalisez :

Les expériences professionnelles doivent être mises en avant dans son CV dans l’optique des postes pour lesquels les candidats postulent. La rédaction de cette rubrique n’est donc pas figée et mérite d’être personnalisée en fonction du contexte pour attirer l’attention des recruteurs. Mettez-vous à leur place, analysez les postes en question privilégiez les éléments en rapport avec ce qu’exige le poste auquel vous postulez.

 Traduisez les expériences professionnelles en compétences :

Les expériences professionnelles doivent montrer aux recruteurs les compétences acquises (savoir-faire et savoir-être) et mises en pratique avec succès. Ce sont ces compétences que vous apporterez et que les recruteurs recherchent. Il importe donc que la rubrique ne se limite pas à une énumération chronologique de périodes de travail, et qu’elle mette en avant les compétences propres au métier et les compétences plus génériques qui seront utiles dans le poste envisagé.

 Illustrez

Pour illustrer vos compétences acquises, il est utile de donner des exemples chiffrés des performances et réalisations lors de vos expériences professionnelles. Ces précisions viennent crédibiliser votre CV. Par exemple, indiquez le montant du budget ou du portefeuille géré, les pourcentages de progression, de réalisation des objectifs, les gains principaux

 Soignez la mise en forme :

La mise en forme doit être claire, précise de sorte que les recruteurs y trouvent rapidement des éléments correspondant à leurs attentes. Allez à l’essentiel, simplifiez, sachez hiérarchiser les informations lorsque vous décrivez vos expériences professionnelles. Le recruteur n'a ni le temps ni l'envie de jouer à un jeu de piste. Vous pouvez aussi indiquer en face de chaque expérience les points positifs qu'elle vous a apportés.

Factuellement vôtre :

Soyez pertinent et factuel. Les recruteurs doivent comprendre rapidement à la lecture des expériences professionnelles de votre CV quelles étaient vos responsabilités/performances dans les postes occupés, les compétences acquises, les dates et périodes travaillées chez quelles entreprises.


Falsifier les expériences professionnelles de son CV : une fausse bonne idée

Le constat:

85 % des candidats déclarent « normal d’arranger leur CV » d’après les résultats de la 8ème étude sur les CV Trompeurs de Florian Mantione Institut publiée en 2018 réalisée auprès de 289 chefs d’entreprise, 50 DRH et 100 candidats-. 

Du coup, côté recruteurs, le doute s’installe avec 53% des recruteurs interrogés qui pensent que les postes occupés précédemment déclarés par les candidats ne correspondent « souvent » pas ou « jamais » à la réalité – et même 61% des recruteurs interrogés qui pensent que les durées de postes déclarées par les candidats ne correspondent « souvent » pas ou « jamais » à la réalité.

Idem, 65% des recruteurs interrogés pensent que les responsabilités exercées (telles que déclarées par les candidats) ne correspondent que « rarement » ou « jamais » à la réalité.

D’ailleurs 35% des recruteurs interrogés ont déjà éliminé un candidat suite à une vérification.

 

Ce constat ressort également de l’enquête de Robert Half France publiée en Février 2018 et réalisée en Juillet 2017 auprès de 300 directeurs généraux et managers ayant des fonctions de recrutement en France.

47 % des directeurs généraux et managers interrogés affirment avoir déjà éliminé des profils de candidats après avoir détecté des informations fausses ou exagérées dans leur CV.

Et dans 55% des cas, des informations fausses ou exagérées figurent dans la rubrique« Expériences professionnelles » d’après cette même étude

 

Franchir la ligne jaune ?

C’est dire que la tentation de franchir la ligne jaune existe réellement côté candidats. Non pas qu’ils soient des usurpateurs professionnels ou des mythomanes nés, mais de fil en aiguille à force d’édulcorer son CV, d’enjoliver ses expériences professionnelles, d’omettre certains détails, ils risquent de franchir le pas. Parmi les justifications évoquées par les candidats : la forte concurrence pour les postes, l’accumulation d’échecs passés dans les postulations, le sentiment de ne pas être respecté voir d’être discriminé à l’embauche, le manque de transparence ou de déontologie perçu dans certains recrutements, certains conseils entendus (à tort) et le sentiment que le risque est minime

 

Concrètement, voici quelques exemples d’arrangements dans les expériences professionnelles dans les CV:

-         Changer les dates pour écourter pour rallonger certaines expériences selon la correspondance avec le poste, ou pour masquer certaines périodes d’inactivité 

-         Créer de la confusion sur la nature contractuelle des expériences : des stages ou CDD ou périodes d’interim sont présentés comme des CDIs par exemple au sein de la même rubrique ; ou les candidats étaient prestataires dans une entreprise et s’en déclarent salariés

-         Surestimer ou sous-estimer les responsabilités exercées ou leur périmètre: par exemple s’attribuer une part individuelle non conforme au sein de l’équipe ou sur un projet (confusion du « je » et "nous »), ou modifier un niveau de séniorité pour mieux coller à l’offre proposée ou pour créer une dynamique d’évolution dans son CV

-         Rester imprécis sur le nom de l’employeur : une filiale est confondue avec la maison mère, une division est intervertie 

-         Transformer sa place dans l’organigramme ou son titre

-         Enlever certaines expériences courtes peu probantes

 Dans certains cas, des expériences professionnelles sont totalement inventées pour masquer des « trous » dans les parcours professionnels.

 

Or il est fortement déconseillé de franchir cette ligne jaune et de falsifier son CV. Il ne faut pas confondre le fait de se mettre en valeur et présenter ses expériences professionnelles avantageusement avec le fait de gonfler exagérément ou inventer ses expériences. 

Les recruteurs sont capables de comprendre énormément de choses dans les parcours professionnels et sont bien conscients que le candidat idéal n’existe pas forcément et que personne n’est parfait ( !), par contre ils n’aiment pas avoir de doute

L'honnêteté et la transparence sont des qualités essentielles aux yeux des recruteurs. Les candidats qui mentent sur leur CV risquent gros s'ils sont démasqués. Les deux études le confirment : 47%des recruteurs déclarent avoir déjà écarté un profil parce que le CV n'était pas conforme à la réalité (Etude Robert Half) et 35% des recruteurs interrogés ont déjà éliminé un candidat suite à une vérification (étude Florian Mantione).

 

N’oublions pas non plus que les recruteurs ont de multiples occasions de se rendre compte d’incohérences lors des entretiens individuels ou de groupe, ou à l’occasion de tests à l’embauche ou de mises en situation.

Et que de plus en plus de recruteurs ont recours aux vérifications des expériences professionnelles à la source ou aux prises de références. 

Comment s’assurer de l’authenticité des expériences professionnelles dans les CV de candidats:

Les enjeux de la vérification:

Lors des entretiens individuels / de groupes et avec le support éventuel des éventuels tests à l’embauche ou mises en situation, le recruteur construit sa perception du profil et du parcours des candidats.

La vérification spécifique des expériences professionnelles mentionnées sur le CV des candidats est une contribution supplémentaire pour éclairer le recruteur dans sa prise de décision d’embauche de futurs collaborateurs. -Elle ne doit pas être le seul élément considéré lors de la décision-.

Elle permet de confirmer ou d’infirmer certains éléments communiqués par les candidats, et de découvrir de nouvelles informations qualitatives les concernant. Ainsi le recruteur valide (ou invalide) et complète sa perception du profil des candidats.

Un avantage essentiel de la vérification, c’est qu’elle apporte un réel gain d’efficacité et de confort du coté candidats, dans la mesure où elle ne les implique pas, ne prend pas de temps aux candidats. En effet les informations sont vérifiées et/ou complétées généralement en direct auprès des sources ou références mentionnées. De ce fait cette vérification améliore l’expérience candidats, qui est très virale et impacte ultimement de façon significative la marque employeur, la réputation et l’attractivité de l’entreprise, notamment vis-à-vis de candidats potentiels.

C’est un argument de poids au moment où la marque employeur et la réputation revêtent une importance croissante, en particulier les avis et commentaires des candidats -notamment quant à leur expérience dans le processus de recrutement.

Comment procéder à la vérification:  

La vérification de la qualification et des expériences professionnelles sur les CV transmis, est encadrée par un dispositif réglementaire en droit du travail et en protection des données personnelles -qui s’est enforcé avec l’entrée en vigueur du RGPD.

En préalable de toute vérification, il est nécessaire d’obtenir l’accord explicite des candidats sur le processus de vérification. Les informer de manière générique dans le cadre du processus de recrutement n’est pas suffisant.

Il faut ensuite vérifier auprès de sources tierces la réalité des expériences professionnelles. Il n’est pas suffisant de se limiter au contrôle d’authenticité des documents présentés (même en original) comme les contrats de travail ou fiches de paie ou certificats. Sur le web, vous trouverez en effet des fabriques particulièrement performantes pour créer de faux originaux extrêmement difficiles à détecter. Et les candidats peuvent aussi « habiller » un document original qu’ils possèdent en modifiant certaines mentions : nom, prénom, dates, libellé/titres/fonctions, noms d’employeurs, adresses...

La première source tierce ce sont les entreprises où les candidats ont effectué leurs expériences professionnelles. C’est dans l’intérêt de ces entreprises de s’assurer que toute personne se présentant comme un ancien salarié en soit bien un.

La deuxième source tierce ce sont les références professionnelles ayant collaboré ou collaborant avec les candidats : responsables hiérarchiques directs, collègues, partenaires, clients, fournisseurs, experts comptables etc …

La vérification des expériences professionnelles dans les CV auprès de ces sources tierces est de ce fait un processus complexe et qui prend toujours beaucoup de temps. Il nécessite des procédures solides, des outils et une équipe dédiés.

Concernant la vérification des expériences professionnelles auprès des employeurs précédents ou actuels, elle doit être factuelle et sans jugement, et plutôt orientée vers des éléments quantitatifs, des chiffres ou des faits. Par exemple : fonctions exactes, dates d’entrée et sortie, motifs de départ, liste de tâches exercées, objectifs fixés et résultats.

Concernant la vérification effectuée auprès des références professionnelles, les candidats doivent au préalable avoir prévenu les personnes qu’ils/elles souhaitent mentionner comme références pour le processus de candidature en cours. Il est recommandé que chaque candidat communique plusieurs références et de préférence récente pour permettre de recouper les informations et réduire les biais éventuels.

La prise de références doit porter sur des éléments professionnels -en excluant les éléments (et donc les questions) d’ordre privé- et sur des éléments factuels tels que les responsabilités exercées par les candidats, la durée des postes, les motifs de départ, les réalisations principales dans les postes, le niveau de maîtrise des compétences clés, l’évaluation des performances des candidats par les références contactées et la propension des références à les recommander / retravailler avec eux. On doit inviter les références à dépasser le stade de l’opinion personnelle ou du jugement, à ne pas rester au stade des adjectifs qualificatifs (« Bon », « excellent » …) pour argumenter, expliquer, et permettre à l’entreprise d’analyser une candidature dans sa globalité.

Pourquoi externaliser la vérification:

De plus en plus d’entreprises externalisant cette vérification des expériences professionnelles CV car c’est un processus complexe avec des contraintes techniques et réglementaires significatives et qui prend toujours beaucoup de temps, nécessitant des procédures solides, des outils et une équipe dédiés.

Cette externalisation leur garantit la conformité réglementaire (droit du travail, RGPD …), leur apporte une expertise et un savoir-faire spécifiques (effet d’expérience), et contribue à soulager les équipes et améliorer la qualité des processus de recrutement : gain de temps, d’efficacité, plus grande flexibilité et réactivité. Cela soulage les équipes de recrutement -qui peuvent se consacrer à d’autres tâches- et améliore la qualité du processus et du parcours candidats, renforçant l’attractivité de l’entreprise

Autre raison évoquée pour externaliser la vérification : le besoin de collecter des informations factuelles et neutres avec du recul aussi bien vis-à-vis des candidats qui sont dans le processus de sélection, que vis-à-vis des enjeux internes, des pressions sur la prise de décision. Un tiers de confiance est pleinement en capacité d’apporter ce recul de par son statut extérieur et ses méthodes de travail.